jeudi 27 mars 2014

Communiqué du NPA Saint-Ouen en vue du second tour des élections municipales



Le premier tour des élections municipales du 23 mars a été marqué par une lourde sanction à l’encontre du PS de Hollande-Ayrault, par une progression de l’abstention, par une avancée relative de l’extrême droite et sans pour autant que le monde du travail, les classes populaires et la jeunesse ne soient en mesure de faire clairement entendre leur voix. En règle générale, les listes d’extrême gauche, du NPA et de LO, défendant, en toute indépendance de la « gauche » gouvernementale, le camp des travailleurs ont réalisé des scores très modestes.

Saint-Ouen a reflété, à sa façon, ces tendances. La liste Saint-Ouen Anticapitaliste, impulsée par le NPA, a recueilli 2,5% des suffrages, arrivant en quatrième position. Nous remercions l’ensemble des Audonien-ne-s qui ont voté pour nous, sans oublier celles et ceux qui ont soutenu notre campagne et l’ont relayée quoi que ne pouvant voter car dans ce système pourri et raciste  de démocratie pour les riches, il faut avoir les « bons papiers » pour pouvoir se rendre aux urnes, même lorsque l’on vit et que l’on bosse ici. Notre score est d’autant plus correct que nous avons dû affronter une série de difficultés pour faire exister notre liste : l’obligation de rassembler 43 candidats, mais aussi à cause du non-respect du devoir d’égalité entre les listes par la mairie sortante qui nous a empêché de disposer de salles municipales pour la tenue de nos réunions et, plus grave encore, de la disparition mystérieuse d’à peu près la moitié de nos circulaires (« professions de foi ») qui ne sont donc pas arrivées à une partie considérable des électeurs.

Lutte Ouvrière, de son côté, a recueilli 1,6% des voix. Nous exprimons à nouveau notre regret que les camarades de LO aient refusé de présenter une liste commune en défense des intérêts des travailleur-euse-s, de tou-te-s les opprimé-e-s et de la jeunesse. Cela aurait été parfaitement possible au-delà de nos différences, à commencer par le fait que les camarades LO ont participé pendant six années à la majorité municipale sortante « de gauche ».

Mais le premier tour à Saint-Ouen a surtout été marqué par l’arrivée en tête de William Delannoy avec 34,87%, mettant en ballotage la maire sortante, Jacqueline Rouillon. En votant pour un ami des patrons, c’est-à-dire contre leur camp, beaucoup de travailleurs et de jeunes ont sans doute pensé sanctionner à la fois la politique gouvernementale, représentée localement par la liste conduite par Karim Bouamrane qui a obtenu 26,99% des voix, en même temps que celle de J. Rouillon (Front de Gauche), arrivée en seconde position avec 31,56%.

Face aux affaires qui secouent les Sarkozy et autres Copé, W. Delannoy n’a pas spécialement tenu à voir les logos UMP figurer sur ses professions de foi. C’est pourtant la droite, dans sa « diversité », que Delannoy représente. Il suffit de bien lire son programme pour s’en rendre compte : couvre-feu pour les mineurs, vidéo-surveillance jusqu’aux halls des immeubles, création d’un lycée privé sur la ville, mise en place du service minimum dans les écoles pour casser les mouvements sociaux…

Côté « gauche », dès le début de la campagne, nous avons dénoncé que la bataille que se menaient les listes de Rouillon et Bouamrane n’avait pour autre objet que de départager celle qui arriverait devant l’autre au premier tour pour piloter une liste fusionnée « de gauche » : les socialistes et les verts savent qu’ils ne peuvent gouverner sans leurs alliés Front de Gauche, le Front de Gauche ne reculant pas devant l’idée de reconstituer une majorité municipale avec les représentants locaux de ceux qui au gouvernement veulent détruire le Code du Travail, couvrent la casse de l’Assurance chômage et viennent d’annoncer 35 milliards de cadeaux au patronat et 50 milliards d’économies supplémentaires sur les services publics. C’est d’ailleurs ce que J. Rouillon a affirmé à l’issue du premier tour, en appelant les socialistes et les écologistes à faire l’union derrière elle. Nous n’aurions en aucun cas appelé à voter pour une telle liste fusionnée. Mais en dépit de tous les efforts déployés par la maire sortante pour amener à elle les socialistes et malgré les pressions exercées par Bruno Leroux pour exiger du PS audonien qu’il se fonde dans la liste Rouillon, ni le PS, ni EELV, ni le PRG ne figureront sur la liste de J. Rouillon.

Une vraie politique de gauche au service des travailleurs et de la population impliquerait, à Saint-Ouen, la dissolution de la police municipale, le retrait de la BAC des quartiers, la fin de la ZSP et de la vidéosurveillance, la non application de la « réforme » des rythmes scolaires de Peillon, une vraie politique de gauche en direction de la Palestine, pour que Georges Abdallah soit citoyen d’honneur de la ville, le refus des privatisations rampantes de l’intercommunalité, l’embauche massive des précaires sur les services municipaux, la fin des cadeaux fiscaux au patronat, le rétablissement de la gestion publique de l’eau, l’ouverture massive de places en crèche pour les enfants des travailleur-euse-s, l’arrêt des expulsions et la défense d’une politique de logement de qualité pour la population, en toute transparence, en rupture avec les méthodes actuelles pratiquées par la mairie. Au vu de son passif, il ne nous semble pas que J. Rouillon soit disposée à prendre de telles mesures qui reviendraient à renier sa politique précédente, pas vraiment « à gauche » et marquée plutôt par le tout-sécuritaire, par l’expulsion des rroms en plein hiver et par le mépris le plus total à l’égard des diverses luttes autour de la question du logement (foyer ADEF, rue Jules Vallès, foyer CARA). Si aujourd’hui bien des gens ancrés à gauche penchent plutôt pour l’abstention et pour l’absence de consigne de vote, y compris quelques-uns de nos colistiers, et s’il existe encore aujourd’hui un risque à ce que la ville bascule à droite, c’est bien à cause de cette politique menée par la gestion actuelle.

Néanmoins au NPA nous sommes convaincus que ce n’est pas à la « vraie droite » de faire dégager cette « fausse gauche ». C’est en ce sens, et seulement parce que le PS ne figurera pas sur la liste PCF-Front de Gauche contrairement à ce qu’aurait souhaité Mme Rouillon, que nous appelons les travailleur-euse-s et les jeunes à voter de façon très critique pour la liste soutenue par les organisations issues du mouvement ouvrier et populaire et ne faisant pas partie du gouvernement national. Nous n’oublions pas pourtant que ce sera dans la rue, par nos mobilisations que nous réussirons à renverser le rapport de force, à stopper l’avancée du FN dans le pays, à contrecarrer les politiques austéritaires du gouvernement et les attaques du patronat, y compris celles qui sont relayées localement.

Par-delà les élections, nous serons dans la rue le 12 avril contre l’extrême droite, la droite, la politique du gouvernement et son « pacte de responsabilité », avec l’ensemble des forces politiques et syndicales du mouvement ouvrier et populaire, pour dire qu’il faut faire payer la crise à ses seuls responsables, le patronat, et pour que la jeunesse et les travailleurs reprennent confiance en leurs propres force dans la perspective de l’organisation de l’affrontement avec le patronat et le gouvernement. Sur le plan local nous continuerons également à être présents sur le terrain des luttes des travailleurs et de la jeunesse, dans les entreprises, les services municipaux, l’Education Nationale, etc., à s’organiser pour lutter, car c’est la seule voie pour imposer un véritable changement !

Saint-Ouen, le 27/03/14


Nota : Dans son communiqué du 25 mars où Mme Rouillon se vante d’une soi-disant « légitimité pour mener, face à la droite de William Delannoy, toute la gauche au second tour », il est affirmé que « des militants socialistes, écologistes, altermondialistes, du NPA sont avec nous depuis la création de notre association ». Nous ne savons pas à quoi se réfère Mme la Maire, mais nous souhaitons préciser qu’aucun militant du comité NPA de Saint-Ouen ne participe à aucune association pour un quelconque rassemblement de la gauche (y compris celle qui est au gouvernement). Il semblerait que la pratique d’afficher des faux soutiens pour laquelle Mme Rouillon a été condamné le 21 mars par le TGI de Bobigny devient une habitude…

2 commentaires:

  1. Bonjour,
    je viens de prendre connaissance de votre communiqué, et je souhaite juste apporter une information à la connaissance de vos lecteurs sur ce blog.
    Concernant la phrase que vous citez en nota...des militants socialistes, écologistes, altermondialistes, du NPA sont avec nous depuis la création de notre association, que vous attribuez à Jacqueline Rouillon, cette phrase est dans un texte du blog d'actifs et solidaires que je co préside...et je vous accorde que les camarades du NPA dont je parle ne font pas partie du comité NPA de Saint-Ouen mais sont bel et bien des camarades du NPA...je suis disposé à vous les présenter dès que vous le souhaitez. Par ailleurs sur la partie citoyenne de la liste, deux camarades très impliquées à la LCR pour l'une et au NPA pour l'autre sont candidates, même si aujourd'hui elles ont quitté l'une et l'autre votre organisation.
    Fraternellement.
    Denis Vemclefs.
    Co Président d'actifs et solidaires

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  2. Comment peut-on demander la dissolution des BAC, de la ZSP, de la PM... et en même temps vouloir une politique de logement de qualité, surtout dans les quartiers où sont implantés les logements sociaux (+ de 40% à Saint-Ouen). Ce sont ces quartiers là qui souffrent le plus de la délinquance actuellement par la présence massive des vendeurs et des acheteurs de produits stupéfiants. Ils faudrait peut-être demandé à ces habitants de ce qu'il pense de votre proposition de supprimer ces outils, certes parfois perfectibles, que sont les services de sécurités. Vous ne pouvez pas être crédibles avec de tels discours. Si je devais vous noter comme à l'école de Peillon, je vous donnerais la note de 2.5.

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